Les-mots-du-poutinisme #1

Usage totalement fallacieux du concept apparemment technique de «montée aux extrêmes» par Renaud Girard sur LCI. Bel exemple de faux savoir mâtiné de suffisance énarchique. Quand un pays agressé se défend de mieux en mieux (sans bombarder les civils) et que l’agresseur le lui fait payer (en bombardant systématiquement les civils), la symétrie entre les deux ne tient pas — d’autant qu’une seule des deux parties a commencé et souhaite continuer cette guerre. Imaginerait-on un observateur parler de «montée aux extrêmes» lors de la reconquête du territoire français en 1944-1945 ? Il n’y a qu’un poutiniste, ou un très mauvais lecteur de Clausewitz, pour utiliser ce terme.

Aron, reviens au Figaro, cet éditorialiste nous fait honte.

26.08.2026

les-mots-du-poutinisme #2

« J’en ai fini avec la psychologie », écrit Kafka dans son Journal — ce qui est loin d’être le cas du colonel à la retraite Peer de Jong. Jamais surpris d’être à Paris au lieu d’observer la guerre dont il nous parle d’un peu plus près, notre homme est venu hier avec une nouvelle explication pour expliquer la résistance acharnée des Ukrainiens face aux crimes de guerre de Poutine : la haine. Un pays qui résiste à l’envahisseur est comme un homme qui hait son voisin, bon sang mais c’est bien sûr. Après le fameux « tout ceci n’est qu’une boucherie » du professeur Lellouche (terme bien pratique qui permet de jeter les deux parties dans une même fureur indistincte), voici que Peer de Jong fait de la liberté un succédané de la haine. Il est vrai qu’une analyste d’obédience freudienne nous expliquait il y a deux mois que la guerre russo-ukrainienne est d’abord une affaire de narcissisme. Il faut croire que le mot résistance ne leur dit pas grand-chose – et l’on se demande même, après réflexion, s’il correspond tout à fait à la mentalité française.