Ambiance festive sur LCI, où Darius Rochebin disserte avec gourmandise sur la possibilité d’une attaque russe contre le palais présidentiel ukrainien. « Vous êtes d’accord que ce serait un événement », jubile notre présentateur vedette. « Peut-être, mais ça ne changerait strictement rien à la situation », lui répond Goya. Air dépité de Monsieur Rochebin, qui n’arrive pas à comprendre qu’un événement sur lequel il pourrait s’étendre pendant des heures («regardez les images, elles sont impressionnantes ») puisse n’avoir aucune incidence sur le cours d’une guerre. « Pardonnez-moi d’insister, mais je pense que ce serait un événement », reprend l’adepte du bombardement-spectacle. Et Goya de lâcher l’affaire, résigné. Bombardez donc ce palais présidentiel, Monsieur Poutine. Toute autre solution ferait de Darius Rochebin le plus malheureux des hommes.
Du temps où l’Occident se croyait invincible, des ultranationalistes aussi délirants que Vladimir Zhirinovsky ou Alexandre Douguine passaient pour des rigolos en Europe. Ces hommes réunissaient, au nom d’un messianisme russo-centré effectivement convulsif, le pire du XXe siècle : haine viscérale de la démocratie, impérialisme assumé, suprématisme ethnique et culte de la force.
Preuve que les tribuns à la Goebbels l’emporteront toujours sur nos bons pacifistes, tout ce que Zhirinovsky proposait a été mis en œuvre par Poutine — tout spécialement en Ukraine. C’est dire si nous aurions bien tort de prendre les récents propos d’un Soloviov à la légère.
Prétendre que les Européens considèrent les Russes comme des « sous-hommes ». Présenter sa nation comme victime d’une haine « totale ». En déduire que la guerre devient existentielle, donc nécessaire : les vrais nazis n’ont jamais raisonné autrement. Il nous reste à paraphraser Pasolini : les nazis reviendront, et ils prendront l’apparence de l’anti-nazisme.
Si d’aventure le lecteur souhaitait s’informer sur le soutien du KGB aux « patriotes » issus du nazisme — prélude à l’affinité si touchante qui unit nos fachos à la Russie éternelle — il pourra toujours consulter ce livre d’une précision et d’une rigueur redoutables. Tout y est. Organisations, contacts, infiltrations, mots d’ordre. Ce classique a presque dix ans, et il n’a pas pris une ride.
DdN
Russia and the Western Far Right. Tango Noir. By Anton Shekhovtsov. Routledge, 294p.
Moins d’un an après son assassinat, lorsque j’ai écrit un livre pour exposer l’abandon dont Samuel Paty a fait l’objet de la part de ses supérieurs, le ministre de l’Éducation de l’époque m’a accusé publiquement de soutenir une thèse farfelue, de salir son administration, et de vouloir faire de l’argent. « N’allons pas chercher des choses qui sont fausses simplement pour faire scandale », crut-il bon de préciser à l’antenne. Avant d’ajouter : « Ce n’est pas bon pour le débat démocratique ».
J’aimerais pouvoir écrire : c’était une autre époque.
Comme ce n’est pas le cas — comme cette époque est bien la nôtre — ma plus vive admiration d’ancien élève va, non à ces administrateurs très en vue, mais à ces professeurs qui, aussi anonymes que pouvait l’être Samuel Paty et dans une solitude tout aussi abyssale, ne cèdent en rien sur les valeurs essentielles qui nous ont été transmises depuis qu’un philosophe s’est avisé qu’un État libre se devait d’être laïc et que le péché de blasphème, chez les êtres de raison, n’existe pas.
Je partage ici la tribune d’un ami indéfectible, Didier Lemaire – lequel ne lâche rien sur un point capital.
« The Ratline », tel est le nom des différentes filières qui permirent aux criminels nazis de fuir l’Europe après 1945. Nul doute que les militaires qui, au nom de «l’antinazisme» à la Poutine, ont torturé des civils à Kherson ou Izioum avant de faire disparaître des corps chercheront eux aussi à se fondre dans la nature. J’ai une mauvaise nouvelle pour tous ces assassins : Oleksandra Matviichuk travaille, et elle ne lâchera rien. En attendant, l’électeur peut assister à ce grand classique de la vie politique française : la résistance après coup. Prenez un pseudo-insoumis comme le poutiniste Mélenchon. Pascal Brière résumait la chose en ces termes : « J’ai qualifié de nazis les révoltés de Maïdan. J’ai légitimé l’annexion de la Crimée. J’ai voté contre les aides européennes. J’ai fait huer Zelensky en meeting. J’ai refusé les sanctions contre la Russie et la livraison d’armes à l’Ukraine. » Et maintenant, je passe sur TF1 pour expliquer aux Français que j’ai signé des pétitions contre Poutine… Que dis-je, que je lui « tiens tête ». Impayable.
La Bourse universitaire Anton Bondarenko avance, laquelle permettra de créer une passerelle de savoir et de liberté entre les étudiants français et ukrainiens. Ce latiniste exceptionnel – au nombre de ses innombrables talents – a été abattu par les Russes pour avoir osé défendre son pays contre les occupants. Voici la Lettre à Lucilius sur laquelle Anton travaillait avant sa mort.
Il existe une différence très sensible entre la dissidence ukrainienne (mettre à bas le communisme afin d’instaurer un État de droit conformément aux idéaux philosophiques européens) et la dissidence longtemps incarnée par Soljenitsyne (mettre à bas le communisme afin de restaurer la grandeur impériale de la Russie, quitte à sombrer dans un néo-colonialisme dévastateur sous couvert de refondation morale ou spirituelle). Nous réfléchirons au tournant illibéral de Soljenitsyne, à sa vision très particulière de l’Ukraine, mais également aux conséquences de cette divergence philosophique sur le terrain, en compagnie de deux historiens de la dissidence ukrainienne installés à Kyiv, Anne et Laurent Champs-Massart. Rejoignez-nous très bientôt sur kyivdesk.com.
Je comprends les raisons qui vous poussent à parler comme le vieux combattant que vous n’êtes pas, Monsieur Caron, mais – de grâce – ne faites pas de votre couardise personnelle un cas général. De nombreux Français – dont j’ai l’honneur de faire partie – sont déjà en Ukraine afin d’aider les soldats et leurs familles du mieux possible. Nous ne sommes pas ici parce que nous aimons la mort, mais parce que les politiciens comme vous nous font horreur. Il est certainement ridicule de se prendre pour André Malraux sur le front ukrainien, mais il est infiniment plus grave de raisonner comme le pacifiste Marcel Déat devant ses électeurs.
Puisque la paix vous est si chère et que vous citez cet auteur, je vous invite à relire un petit essai de George Orwell intitulé « Pacifism and the War ». L’auteur y démontre cette chose très simple : le pacifisme des uns sert toujours la violence des autres. Vous n’aimez pas le nazisme et vous n’éprouvez aucune sympathie pour Hitler ? Très bien. Et après ? « Objectively, the pacifist is pro-Nazi », écrit-il. Et ainsi en va-t-il de votre pacifisme. Parler de la paix dans l’abstrait ne coûte rien – la seule question d’Orwell étant : celle qui favorise l’agresseur ou l’agressé ?
Puisque votre fonction de député vous interdit de prononcer une vérité qui pourrait mettre à mal la bonne conscience décoloniale de vos sympathisants, écrivons-la sans détour : la « paix au plus vite » que vous appelez de vos vœux sera celle de deux prédateurs suffisamment confiants dans leur folie impériale pour s’imaginer pouvoir discuter du destin d’un pays sans consulter les premiers concernés : Poutine et Donald Trump. Pour l’heure, cette paix n’est pas autre chose que le produit d’un double racket, pillage que votre propre conscience décoloniale vous ordonne de condamner partout dans le monde, sauf lorsqu’il se déroule sous vos yeux. Très remonté contre la politique de la peur agitée par nos élites (comme si l’expression « vouloir faire des millions de morts » ne relevait pas, justement, du genre en question), incapable de peser sur les événements en raison d’un anti-macronisme pavlovien, toujours prêts à accuser ceux qui agissent d’être des « va-t-en-guerre » (répondre à la force par de belles paroles étant sans doute plus prometteur et judicieux), je note que vous en avez « marre » et que vous évoquez, une main posée sur le cœur, le sang des autres. Je ne doute pas que cet humanisme-là obtiendra de bons résultats parmi vos électeurs ; pour ma part, elle me fait irrésistiblement penser à cette phrase de Bernanos : « La colère des imbéciles remplit le monde, mais elle est moins à craindre que leur pitié. »
Alors que leur champion profite de sa fonction pour s’en mettre plein les poches, alors que sa politique étrangère lui met les Américains à dos et que ses propos sur les soldats européens trahissent une ingratitude sans pareil, les partisans français de Donald Trump ont décidé de serrer les rangs comme on serre les fesses avant de se jeter dans le vide. De même que Monsieur Bardella pédalle dans la choucroute toutes les fois qu’une question un peu sérieuse lui est posée, Madame Le Pen multiplie les tournures alambiquées pour ne pas voir que son modèle en politique est en fait – phénomène assez rare – une catastrophe géopolitique à lui tout seul. Il revient à ces patriotes de défendre leur modèle jusqu’au ridicule, et même jusqu’à la collaboration. Trump envahirait-il notre pays que le gaulliste Pascal Praud – qu’on me pardonne cette antiphrase comique – nous apprendrait que ce conquérant a bien raison, que sa philosophie est d’une finesse inusitée et que sa vision du monde, décidément, est excellente.
Ces bons chrétiens nous font irrésistiblement penser à cette parole de l’Evangile : les premiers seront les derniers. De même que les communistes furent les derniers à comprendre la vraie nature du communisme, les Trumpistes de la première heure seront les derniers à comprendre la vraie nature du trumpisme. Sa défense de la liberté d’expression est une pitrerie, sa défense de la démocratie une vaste blague, et il n’est pas jusqu’à son amour de la Paix qui ne se révèle pour ce qu’elle est : une tentative pour fonder l’Internationale du crime sur le dos des autochtones. Trump pourrait terminer cette guerre en 24 heures s’il précipitait la chute du Kremlin en armant l’Ukraine ; mais il faudrait pour ce faire que sa vision des rapports de force ne soit pas celle de Poutine. S’en prendre aux démocraties en Europe, passe encore – mais s’en prendre au despote russe, voilà qui lui arracherait le cœur.
On dira que Donald Trump ménage son grand ami Poutine par réalisme, mais Pierre Laval aussi souhaitait la victoire de l’Allemagne par réalisme – ce qui ne lui a pas empêché de connaître le destin fort réaliste qui fut le sien. Combien de temps les thuriféraires du tocard Carlson, les fans du gang MAGA et les poutinistes à la manque vont-ils tenir le haut du pavé médiatique avant de sombrer, à l’instar du très poutiniste et très oubliable Silvio Berlusconi, dans les poubelles de l’Histoire ? Les paris sont ouverts.
On dit souvent que le maître du Kremlin ne cache pas son jeu, et il est exact que ces 28 propositions exposent la nature de ce régime mieux que ne sauraient le faire de longs discours universitaires. La Russie ne reconnaît pas de frontières ; les petits pays sont des erreurs ; la résistance ukrainienne n’existe pas. Un bon traité est un traité qui place le pays convoité en situation de vulnérabilité maximale : voilà pour le poutinisme et pour ce que les souverainistes appellent la Paix. Élargi à l’espace continental, le but est tout aussi limpide : détruire l’architecture sécuritaire européenne de telle manière que chaque Nation se retrouve seule, trop enfoncée dans ses querelles boutiquières pour regarder la guerre dans les yeux, trop faible pour défendre son voisin, et, bien sûr, trop lâche pour fâcher le Kremlin dans ses massacres et dans ses convoitises.
On dira que la France est à l’abri des agressions parce qu’elle dispose de l’arme nucléaire, mais comme une frappe sur Moscou entraînera une frappe en sens contraire, les mêmes qui font profession de souverainisme vous diront : « Ils sont devenus fous. Ils veulent nous entraîner dans une guerre d’anéantissement total ». Et c’est ainsi que ce qui était une force deviendra un prétexte pour capituler dans l’honneur. D’ailleurs, les collaborateurs 2.0 n’auront pas besoin d’attendre la défaite de l’armée française pour capituler de ce pas ; ils le feront par avance et sans attendre — exactement comme Mélenchon ou Philippot aujourd’hui.
Dans un éditorial récent touchant les propos « polémiques » du général Mandon, Natacha Polony écrivait ceci : ce qui manque aux Français, c’est de la clarté. Lorsque le chef d’État aura donné les ordres qu’il faut, tous les Français se lèveront comme un seul homme pour bouter l’ennemi hors de France. L’affirmation paraît bien hasardeuse quand on connaît le génie français pour la collaboration. D’ailleurs la nouvelle collaboration française est si conforme à son modèle qu’on dirait un copier/coller des discours patriotiques de Marcel Déat. Réduite à sa plus simple mais toniturante expression, celle-ci prend la forme suivante : «Resister consiste à se faire avoir par tous ceux qui ont vendu l’âme de la France aux étrangers. Résister consiste à se faire avoir par les médias mainstream et les politiciens corrompus. Résister est une illusion qui fait le jeu des va-t-en-guerre. » Je sais bien que ces arguments sont utilisés par nos vaillants patriotes dans le seul but de tourner en ridicule le sentiment de fraternité que nous éprouvons envers la résistance ukrainienne, mais comme ce raisonnement peut servir en toutes circonstances, on ne voit pas pourquoi il resterait sagement dans un tiroir lorsque leur propre vie sera en jeu.
Kherson, Ukraine, novembre 2025.
(FILES) This file photograph taken on May 13, 2016, shows French far-right party Front National (FN) vice-president Florian Philippot as he poses in Paris.
Florian Philippot, the leader of the far right-wing French National Front party and considered the right arm of Marine Le Pen, announced on September 21, 2017, that he had « left » the formation, a sign of tensions within the party since their failure in the May 2017 presidential election. / AFP PHOTO / JOEL SAGET FILES-FRANCE-POLITICS-PARTY-FN-PHILIPPOT
Un chef-d’œuvre, observait Mark Twain, est un livre que l’on admire de loin et que l’on ne lit jamais dans les détails. Prenez le livre de Marc Bloch intitulé : “L’étrange défaite”. Alors que la nuit s’étend sur Tchécoslovaquie et que le dépeçage de l’Europe a déjà commencé, l’auteur nous peint une bourgeoisie française trop occupée à mater du délinquant pour s’intéresser à Hitler. Il est vrai que la bourgeoisie française a toujours eu du pain sur la planche – notamment en matière de sécurité. Mais le propos de Bloch est justement celui-là : l’obsession sécuritaire fait obstacle à la compréhension des périls en Europe. Ce constat est si frappant qu’il semble avoir été écrit pour l’édification expresse de la droite CNews. Qu’on me permette de résumer le problème de la bourgeoisie actuelle en ces termes : “Concentrons-nous sur l’islamisme et l’insécurité. Pour ce qui est de Poutine, on verra plus tard”.
La bourgeoisie sécuritaire tient beaucoup à son agenda, et il est inutile de lui faire remarquer que l’Histoire, comme la guerre, n’attend pas – car les défaillances du président français en matière d’islamogauchisme occupent le centre exclusif de ses frustrations. Cette « reductio ad Macronum » est si systématique qu’on pourrait lui donner la forme du syllogisme suivant:
Majeure – Macron est un crétin qui n’a pas été capable de résoudre le problème des Français.
Mineure – Or Macron est préoccupé par la Russie.
Conclusion – Donc le problème avec la Russie n’en est pas un.
Syllogisme de l’amertume, comme dirait Cioran, qui réduit la violence aux problèmes domestiques et interdit de penser deux périls européens – à savoir l’islamisme et le poutinisme – en même temps.
De là à renverser les rôles et à présenter Poutine comme un gentilhomme, il n’y a qu’un pas, pas que Philippe de Villiers (l’homme qui a guéri du Covid grâce au pastis) est tout prêt à franchir. De là à affirmer qu’Emmanuel Macron est un petit malin et que la guerre russo-ukrainienne n’est là que pour faire diversion, il n’y a qu’un pas – pas que Madame Lefebvre, dans sa divine et inexpugnable colère, a franchi depuis longtemps. Une fois la violence extérieure réduite à des querelles partisanes, il n’est de crime au monde que l’on ne puisse mettre sur le dos de son adversaire, et c’est à peine si Poutine a quelque chose à voir avec l’invasion de l’Ukraine.
Telle une concierge entièrement vouée à la propreté de son immeuble, la bourgeoisie sécuritaire a la certitude que le problème de la violence consiste à balayer devant sa porte. C’est dire si la solidarité militaire européenne aura toujours à ses yeux quelque chose de dispendieux et, pour tout dire, de suspect. Comme le répétait récemment un ancien gauchiste réfugié dans un gaullisme entièrement imaginaire : « il ne nous appartient pas de nous battre aux côtés des Ukrainiens, car nous n’avons pas la même histoire ». Ce Monsieur va bientôt nous apprendre que la ville de Paris fut libérée par elle-même et que la victoire sur le nazisme ne doit rien aux Canadiens ni aux Néo-Zélandais – ressortirants dont la trajectoire historique, me semble-t-il, est assez différente de la nôtre.
Il est vrai que les contemporains en question détestent ce genre de parallèle historique. On dira que Poutine n’est pas Hitler, que notre bourgeoisie n’est pas munichoise, que les deux situations n’ont rien à voir – sauf quand il s’agit de comptabiliser le nombre de morts. Comme les émules de Philippot seront pressés de vous l’apprendre, une guerre contre la Russie ferait 400 000 000 de morts. C’est dire que la comparaison reste valable toutes les fois que les poutinistes en ont besoin.
Cette stratégie est quotidiennement illustrée – hélas – par Luc Ferry. Reconverti dans la propagande néo-soviétique après trente ans de bons et loyaux services dans le kantisme et les Droits de l’Homme, notre homme enchaîne les contrevérités avec une célérité saisissante. Depuis le fameux « Poutine n’a pas encore tué 6 millions de juifs » censé nous rassurer sur la bonté d’âme du KGBiste au non moins ridicule « C’est l’Ukraine qui a déclenché la guerre en s’en prenant aux russophones » (comme si russophone voulait dire pro-Poutine), les inexactitudes de notre ancien Ministre sont si nombreuses qu’elles concurrencent aisément, chaque année, les perles du bac. Du moins ces contrevérités nous permettent-elles de visualiser correctement ce que Bloch appelait le déni de droite. Pendant trente ans la gauche de salon a surfé sur ce mensonge : « il n’y a pas d’insécurité, il n’y a qu’un sentiment d’insécurité » ; c’est cette affirmation angélique que la droite poutiniste a décidé d’étendre à toute l’Europe sous la forme suivante : « il n’y a pas d’impérialisme russe, il n’y a qu’un sentiment d’impérialisme russe ».