
Qui écrira jamais la somme des prédictions erronées dont l’Ecole réaliste nous a gratifiés depuis un siècle ? Souvenons-nous de ce qu’écrivait Kissinger en 1970, à savoir que l’URSS resterait toujours là et qu’il ne servait à rien de chercher à changer ce « fait ». (On sait combien Poutine regrette la disparition de cette entité, mais on ne confondra pas la chose et la nostalgie meurtrière de la chose). Aussi bien, souvenons-nous des prédictions systématiquement fautives sur l’Ukraine du prince des réalistes américains — j’ai nommé Mearsheimer. Je veux bien croire que l’amoralité complète produit un certain plaisir dans la cervelle de ces messieurs, mais quand on voit à quelles analyses erronées en sont réduits les thuriféraires de la force, il y a lieu de se demander si, par hasard, écouter les plus faibles n’aurait pas quelque chose d’un peu moins bête. Comme disait le regretté Christopher Hitchens (lui-même auteur d’un essai remarquable sur Kissinger) : « Seigneur, délivrez-nous des réalistes. Pour ce qui est de la réalité, je m’en charge. »








