L’Homme qui murmurait à l’oreille de Colbert

Il n’est pas difficile de faire la démonstration que les anti-racistes qui ont interdit « Les Suppliantes » d’Eschyle à la Sorbonne sont encore plus haineux et racistes que ceux qu’ils ont à coeur, semble-t-il, de combattre. Je m’y suis moi-même employé, et je dois dire que le résultat a dépassé toutes mes espérances.

Comme leur motivation s’exprime en ces termes: « La Ligue de Défense Noire Africaine milite pour un « Droit à la liberté d’expression et de création limité par le Devoir de respect de l’Autre ». Pour nous la LDNA, le problème n’est ni Eschyle ni Les Suppliantes mais le metteur en scène qui sous couvert d’antiracisme voulait grimer ses actrices en femmes noires ; puis suite à nos protestations souhaitait leur faire porter des caricatures de masques totémiques qui n’avaient de remarquable que leur laideur », j’ai écrit ce petit message, bien simple et guère remarquable, sur leur mur Facebook: « Le jour où des gens vous empêcheront de monter un spectacle parce qu’ils se sentent outragés par la laideur de votre mise en scène, ce jour-là vous comprendrez votre erreur. L’indignation ne tient pas lieu de pensée. Aucun groupuscule militant ne saurait s’ériger en arbitre du Respect de l’Autre. Laissez les spectateurs penser par eux-mêmes ». Sans doute aurais-je dû ajouter cette citation de Nietzsche : « Nul ne ment plus que l’homme indigné ». Mais qu’importe. La réponse ne s’est pas fait attendre.

« David di Nota on aurai (sic) aimé prendre ton commentaire au sérieux mais comme tu n’es pas noir et que tu ne connais pas l’histoire, ainsi ton commentaire est caduc ». Raisonnement qui se passe de commentaires.

Bien sûr, je me réjouis personnellement du fait que « 8 millions de kamits aient été mis en esclavage » – comment pourrait-il en être autrement ?

(Je me souviens qu’en 1685, jeune militant fraîchement émoulu de mon racisme ordinaire, je soufflais à Colbert son Code Noir. Dieu m’ayant prêté vie depuis lors, me revoilà sur Facebook, toujours aussi content de tourmenter mes frères de couleur)

Détail non négligeable au regard de ma démonstration, j’apprends de ces fins psychologues que je suis non seulement un ardent négrophobe, ou, si l’on préfère, le vengeur masqué des suprémacistes blancs, mais également une « fiotte » (re-sic).

C’est dire si nos militants ont à coeur de faire triompher le Respect de l’Autre.

 

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Contre le port de la tolérance intégrale

Monsieur Ramadan condamne toute violence physique faite aux femmes. Simplement, il réclame le droit de lire le Coran et de consulter Dieu pour savoir s’il faut, ou non, la frapper.

Monsieur Ramadan condamne avec la plus grande vigueur la violence faite aux homosexuels. Simplement, il pense que l’homosexualité est un crime au regard de sa foi. Comme tout homme a le droit de croire, tout homme a le droit de considérer cette pratique comme une monstruosité contre nature.

Pour les besoins d’une enquête personnelle, j’ai dû visionner les débats télévisuels de cet éminent docteur, et je suis toujours étonné que des journalistes ou des hommes politiques français tombent dans le panneau de cette conception prédicatrice de la tolérance.

La conception prédicatrice de la tolérance se présente comme la conception achevée de la tolérance. Lorsque vous vous élevez contre telle ou telle pratique, Monsieur Ramadam s’étonne. Son visage s’arrondit, ses lèvres s’effilent, il vous répond : « Qu’est-ce qui vous gêne ? Vous n’aimez pas les musulmans ? Pourquoi vous ne laissez pas les gens faire ce qu’ils veulent ? ».

Et ainsi en va-t-il de la sexualité féminine. Bien sûr, notre éminent spécialiste du fait religieux (qu’on me permette de ne pas énumérer ses diplômes, une journée n’y suffirait pas) a le plus grand respect pour les femmes. Il ne leur ferait jamais aucun mal et milite internationalement pour la cessation des pratiques barbares les concernant. Simplement, il pense que le problème de la pureté féminine se pose. C’est un peu comme si l’on disait : je ne ferais jamais de mal à un juif. Simplement, j’aimerais savoir si les juifs sont des sous-hommes ou non. Ou bien : j’ai le plus grand respect pour les indiens Tupi-Guarani. Simplement, je me demande s’ils ont une âme.

Et notre vaillant docteur d’étudier le Coran pour trouver la bonne réponse.

Voilà où nous en sommes.

Il est à noter que, dans le monde de la tolérance intégrale vers lequel nous nous dirigeons à grand pas sous la pression de ces vaillants progressistes, les prédicateurs ne détestent rien tant que le dogmatisme. Ils sont d’ailleurs très étonnés toutes les fois qu’un contradicteur (généralement ce qu’on appelle, avec une moue de dédain, un laïcard) s’emporte. Monsieur Ramadan a bien le droit de lire le Coran pour savoir s’il faut lapider une femme quand on est un bon musulman. Mais que quelqu’un coupe la parole à Monsieur Ramadan, ça non. Voilà qui est indigne.

Cette farce amusante à Paris (et très cruelle ailleurs) continuera aussi longtemps que nous accepterons l’idée qu’un homme a reçu de Dieu la capacité de déterminer si un sein doit être caché ou non. La sexualité des femmes n’est pas un problème, et le savoir de Monsieur Ramadan n’est pas un savoir. Quant à cet appel au débat, à la démocratie, à la sérénité, il ne signifie rien dans la bouche d’un homme qui s’octroie, sous prétexte d’études, le pouvoir de départager le pur de l’impur. Il est aussi absurde d’envisager un débat démocratique sur la pureté féminine que d’envisager sereinement un débat sur la nature possiblement diabolique des chats noirs à poil court.

Le Garçon, scène de la vie provinciale

This is Borat.

Borat is no literary fool. Borat takes no pleasure whatsoever in reading that kind of stuff : « As the sun dropped below the horizon, Natacha confirmed the approaching cape buffaloes were herbivores ».

Borat is not really into that Natacha thing. Borat would rather read a sharp novel like « Le Garçon, scènes de la vie provinciale ». ‘Now you’re talking’, says Borat.

Happy Borat won’t miss the opportunity to meet Olivia Resenterra at the Café de la Mairie, Place Saint Sulpice, Paris VI – Thursday 22/09, 20.30 pm.

This is smart.

Be like Borat.

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La France aux Franglais

Having lost his battleships as a Navy officer just off Mers el-Kébir, my dad is absolutely appalled by my anglophilia. France has brought to the world the kick of libertinage and the spice of intellectual terrorism – Laclos and Boulez. The Brits have taught us how to keep our sentimentality at bay, how to position a ginger cat on a windowsill, and, last but not least, how to deal with the sheer absurdity of life with a sense of whimsiness rivalled only by the Jews. Make a choice if you can – I can’t.

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La véritable histoire de Charlie Hebdo

Charlie Hebdo est un journal anti-musulman fondé à La Mecque en 670. Alors que l’islam se propage au même moment de manière pacifique, Charlie Hebdo affiche déjà une tonalité clairement belliqueuse : s’attaquer à la foi des musulmans eux-mêmes, lesquels n’ont d’autre issue que de riposter. Cette manière d’acculer les musulmans à la violence, bien connue des historiens sous l’appellation de Grande Acculade, correspond aux VII et VIIIème siècles de notre ère (encore que ce point soit contesté par certains historiens occidentaux, historiens dont la probité est évidemment suspecte). L’agressivité des satiristes génère une grande confusion, en conséquence de quoi les musulmans sont poussés les uns contre les autres. Pour dire les choses simplement, non seulement Charlie Hebdo est responsable des premières conquêtes de la péninsule arabique, mais il est responsable de l’éclatement de l’islam en une myriade de factions contraires.
 
Les historiens s’accordent pour désigner cette période violente de Seconde Acculade, laquelle aurait sans doute trouvé une solution heureuse si seulement les partisans du Prophète avaient eu la possibilité de régler leurs histoires en famille. Mais, avec la formation et l’essor économique de l’Occident, l’agression s’étend aux rapports économiques eux-mêmes. En effet, et comme l’a bien vu un philosophe marxiste comme Slovaj Zizek, l’islamisme serait incompréhensible sans le capitalisme. L’esclavage, pratique inconnue auparavant, pousse les jeunes dans la misère ; la liberté des moeurs, basée sur une compréhension insuffisante de la nécessaire soumission des femmes, désoriente les esprits. C’est cette période, qu’accentue malheureusement un certain nombre de caricatures au goût fort contestable, que les historiens compétents qualifient de Troisième Acculade.