Lettre aux Aveugles

Il sera bientôt impossible d’enseigner la Shoah à l’école. Tout ce qui fâche les fanatiques fait désormais l’objet d’un arrangement. La majorité du corps enseignant (dont j’ai fait partie, et en pleine affaire Charlie) fait désormais profil bas. Peur au ventre, auto-censure et administration complice (oh discrètement, sans trop le dire…), comme au bon vieux temps. Pour des activistes ultra-minirotaires, je trouve que nos fanatiques se débrouillent drôlement bien. On serait presque tenté d’applaudir.

Ces artistes de la cécité que sont les intellectuels français auront mis quasiment un siècle pour admettre l’existence du goulag. Et pour quelle raison ? Pour ne pas faire le jeu du capitalisme. Nous refusons de décrire la situation avec toute la violence intellectuelle qu’elle mérite pour ne pas faire le jeu du Rassemblement National. Ce raisonnement me sidère. Je sais très bien que je ne suis pas islamophobe, je sais très bien que je n’ai rien contre mes compatriotes de confession musulmane, et je n’ai pas besoin d’agiter des banderoles ou de gonfler des ballons roses pour le montrer à tous les autres. Cette mise en scène rituelle de soi, qui nous tient désormais lieu de réflexe, et dans laquelle se retrouve la masse informe des belles âmes, des banquiers qui nous gouvernent et des assassins, est indécente. Vous n’êtes pas raciste ? Très bien. Quelle importance ?

Ce n’est pas l’anti-racisme qui fera reculer la bête immonde, mais l’examen minutieux du circuit administratif — l’examen microscopique des petites lâchetés — qui a mené à l’assassinat de Samuel Paty. Cet examen a peu de choses à voir avec l’agitation des gouvernants contre le « terrorisme », ni, comme le feint de le croire le pitoyable Jean-Luc Mélenchon, avec le traçage de la piste Tchétchène. Les premiers à parler de racisme systémique sont aussi les premiers à s’intéresser à un épiphénomène comme l’origine de l’assassin, au lieu d’analyser froidement ce que cet assassinat révèle de notre propre aveuglement. Il faudrait ajouter : et l’on comprend bien pourquoi, puisque, dans cet aveuglement, leur ratiocination pseudo-marxiste et victimaire prend une si large part.

Un jour, peut-être, le siècle s’apercevra que le plus grand ennemi de notre liberté n’est pas le fanatisme, mais le raisonnement victimaire — ce dispositif idéologique criminel qui permet à une petite fille de faire la loi dans la classe et de renvoyer un professeur d’Histoire à son destin.

Le Sexe du Progrès

Omnes et singulatim — voilà comment Michel Foucault résumait la technique des nouveaux pasteurs. D’un côté, imposer le point de vue de la totalité sur les corps sexués : ce qui nous donne les théories du genre, lesquelles voudraient nous faire accroire que la seule manière d’être sexuellement liberé.e.s consiste à appartenir à un groupe (cis, trans, etc). De l’autre, mettre en place une technique individualisante qui donnerait au sujet, non seulement d’être enfin lui-même (la fameuse identité), mais d’en être fier. La chose est logique, puisqu’il ne s’agit pas simplement d’aborder le sexe sous l’angle du groupe, mais de régler le rapport que le sujet entretient envers lui-même — sa fameuse fierté.

Dire que le discours pastoral individualise, c’est-à-dire qu’il fournit des modèles d’identification (sois comme Charlize Theron, et tu seras gender friendly, mon fils) qui rendraient les sujets plus heureux et la société plus juste. Admirable synthèse, qui permet de mettre tout le monde au pas — société et sexualité tout ensemble.

L’erreur des théoriciens du genre n’est pas de mettre à mal la belle hétérosexualité d’antan dont dépendrait l’équilibre parfaitement imaginaire de notre civilisation (voyez Zemmour) au profit des minorités devenues visibles (d’ailleurs tout aussi normatives et promptes à la censure, comme on peut le vérifier tous les jours), c’est de penser qu’il existe quelque chose comme un sexe du progrès. Ou, si l’on préfère, que le sexe et la société marchent ensemble, main dans la main. Ces théoriciens sont prêts à tout déconstuire, sauf le lien qui rattache le singulatim à l’omnes — cheville patorale intouchable dont ils tirent leur propre pouvoir depuis toujours.

Jane Austen a décrit avec une précision somptueuse ce qui arrive aux héroïnes lorsqu’elles se mettent en tête de jouir de manière à combiner épanouissement de soi et épanouissement social — ce que l’on appelle, dans l’Angleterre passionnante de George III, se marier. Le chapitre II de « Northanger Abbey » est un chef d’oeuvre de tactique antipastorale appliquée — quelque chose d’au moins aussi important que la découverte du non-rapport sexuel chez Lacan. Voilà une héroïne qui part au bal bien décidée à être heureuse, qui ne trouve personne, et se retrouve à bavasser mousseline avec son amie, Mrs Allen (celle qui, tout à son devoir de bienveillance, était censée lui trouver un partenaire).

Les contemporains d’Austen furent frappés par sa noirceur de fond (sous des gracieusetés trompeuses), et il est vrai que Jane Austen n’est pas très tendre (to put it mildly) avec son héroïne. Il y a une stupidité radicale chez Jane Austen comme il y a un mal radical chez Kant. Quelle est l’erreur de base ? Ni d’être heureuse, ni d’occuper une position de prestige — mais de chercher à combiner ces deux aspirations comme si l’une menait à l’autre dans une sorte de continuum enchanté. Et Mrs Allen de conclure: « We shall do better another evening, I hope ».

Personne ne va rire

N’écoutant que son courage qui ne lui demandait rien, Caroline de Haas vient à nouveau de s’illustrer dans la guéguerre anti-Finkielkraut qui fait fureur chez les anti-fascistes d’opérette. On sait que ce  dernier a choisi de rejeter les accusations dont il fait l’objet en poussant le raisonnement jusqu’à l’absurde : “Je dis aux hommes : violez les femmes. D’ailleurs je viole la mienne tous les soirs et elle en a marre”. Stupeur dans la cervelle bien faite de Caroline de Haas, qui ne connaît pas le sens du mot antiphrase.

Ou bien cet homme fait effectivement l’apologie du viol, ce qui serait évidemment idéal pour notre accusatrice (mais présente le léger désavantage d’être complètement faux), ou bien la formule est ironique, et l’ironie n’a pas lieu d’être, puisque la souffrance ne saurait faire l’objet d’une plaisanterie. J’attends le moment où Caroline de Haas nous proposera d’interdire les plaisanteries sur la mort parce que mourir, vous comprenez, c’est assez douloureux comme ça. Un jour viendra où notre vaillante militante nous proposera de censurer A Modest Proposal de Jonathan Swift, parce que manger des enfants, quand même, ça ne se fait pas – même en plaisantant.

Inutile de se cacher derrière la souffrance des autres pour ne pas voir ce dont il est question ici : non le viol, non la complaisance face au viol, mais la déplorable confusion du philistinisme et du féminisme que bien des féministes ont choisi de combattre contre les précieuses ridicules du moment. C’est un hommage que, pour ma part, je tenais à leur rendre.

Actualité de Roland Barthes

Non, Onfray ne s’en prend pas au corps de Greta Thunberg, pas davantage que Roland Barthes ne s’en prend aux enfants lorsqu’il constate qu’en France, voyez comme c’est curieux, l’enfant idéal est celui qui reproduit parfaitement le monde des adultes. Dites-moi si je me trompe, mais j’ai comme l’impression que, pour nous, l’enfant idéal est celui reprendrait l’affaire du réchauffement climatique en main, défilerait dans la rue avec des banderoles anti-Trump, et « occuperait » Wall Street…

Il n’y a rien de plus réactionnaire que d’utiliser un enfant pour recevoir son propre message sous une forme inversée. Voudrait-on leur voler leur enfance qu’on ne s’y prendrait pas autrement. Je parle de l’enfance véritable, celle qui consiste à faire tout autre chose que ce que les adultes attendent de vous.

Je n’ai aucune sympathie particulière pour Michel Onfray, dont les thèses sur Freud ou Sade me sont aussi étrangères que possible. Mais je constate avec amusement que l’on s’en prend constamment au physique de Trump, ou de Bojo, ce qui n’a pas l’air de gêner grand monde. La décence morale ne consiste pas à avaliser cette pratique lorsqu’elle s’applique aux gens que l’on déteste pour la rejeter subitement, à grand renfort d’indignation, dans le cas contraire. C’est cette requalification de l’analyse en « injure » qui en dit long sur le nouvel obscurantisme sémiologique en cours.

On aura toujours raison de faire la sémiologie d’un corps, puisque ce corps existe, puisqu’il participe d’un « message », puisqu’il est mis en scène et commenté par des adultes. Contrairement à ce que laisserait accroire la logique de l’indignation, faire la sémiologie d’un corps, ce n’est pas s’en prendre à quelqu’un, c’est parler des autres, de tous les autres, et c’est bien là ce qui dérange. Actualité de Roland Barthes, donc. On croit protéger un enfant contre la méchanceté, l’inertie ou la corruption des adultes, et l’on ne fait que protéger l’innocence factice de son propre message.

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Retour à Hawaï

Avec son humour et ce qu’il faut bien appeler son génie, Marshall Sahlins a merveilleusement résumé l’enjeu, selon lui, de l’anthropologie. Le physicien part d’un objet familier (la table) et en arrive à des observations pour le moins curieuses (la mécanique quantique). L’anthropologue part de pratiques énigmatiques (le sacrifice d’un être réel pour complaire à une divinité invisible) pour en arriver à des explications familières ; familières, non pas au sens banal du terme, mais au sens où le sacrifice d’un être humain ne suit pas une logique fondamentalement différente de celle à laquelle nous nous soumettons nous-mêmes lorsque nous donnons de notre temps en échange d’un capital. Quelque chose est sacrifié en vue d’un bien imaginaire — voilà, si l’on veut, l’équation de base.

Mais le plus intéressant dans tout ça est ce qui se passe lorsqu’un évènement non prévu vient perturber la logique du système.

Que s’est-il donc passé au juste lorsque le capitaine Cook a débarqué à Hawaï en 1779 ? Le point intéressant est que ledit capitaine a d’abord été accueilli – il faudrait dire incorporé – en héros, occasionnant des scènes de liesse comme seule une société qui se voit confirmée dans ses croyances les plus fondamentales peut s’en offrir. Et comment pourrait-il en être autrement, puisque James Cook a d’abord été perçu comme une manifestation du dieu local ? On pourrait, au risque du simplisme, formuler la règle ainsi : lorsqu’un individu confirme la schéma sacrificiel d’une société x, il est accueilli en héros. Dit autrement, les scènes de joie collective sont toujours liées à la célébration d’un totem. C’est ainsi qu’une société qui fait de la Vie son totem et qui est prête à sacrifier une partie importante de son économie en son nom aura tendance à sortir dans la rue à heures fixes pour applaudir ses infirmières… Mais ne nous égarons pas.

Le jour où James Cook a commis une suite d’impairs au point d’être métamorphosé symboliquement en objet d’hostilité (évolution ethnographique au moins aussi intéressante, sinon pour notre vaillant capitaine, du moins pour nous) tout le système qui, jusqu’alors, l’avait porté aux nues, s’est retourné contre lui. “This is the structural crisis, when all the social relations begin to change their signs”, écrit Sahlins. Ou encore : « Cook was now hors cadre. And things fell apart ». Dès qu’un individu ne peut plus être incorporé au sein du système sacrificiel quelconque, il doit être – potentiellement ou littéralement – supprimé. Mais Sahlins débarasse la question (comment devient-on l’ennemi mortel d’un “régime” politico-symbolique?) de toute intention mauvaise. Le meurtre du capitaine Cook n’a rien à voir avec un renversement d’humeur (ni agressivité, ni ambivalence freudienne), et moins encore avec l’intérêt matériel des acteurs (détail qui n’est pas sans importance pour un anti-marxiste aussi distingué que Sahlins). Ce n’est pas l’intérêt matériel et économique qui détermine les acteurs, mais la logique sacrificielle à laquelle ils obéissent. Une société peut parfaitement s’autodétruire économiquement afin de sauver son totem – ce que le héros Maori Hono Heke appelait un mât, un flagpole (“Let us fight for the flagpole alone”). La guerre de 14 (au nom de la Nation), ou la gestion médicalo-politique présente de la Covid-19 (au nom de la Vie), nous en fournissent une preuve éclatante.

Je dois à la vérité de dire que mon résumé est extrêmement discutable et que les anthropologues ne sont pas du tout d’accord sur la triste fin du capitaine. Mais cette controverse ne fait que réhausser la valeur ethnographique de cet incident. A chacun sa version, et la défense (relative, forcément relative) de cette version. Il faudrait tirer les anthropologues par la manche et leur poser la question suivante: « à votre avis, qu’est-il arrivé au capitaine Cook en 1779? », ce qui serait une manière comme une autre de classer les modèles anthropologiques actuellement disponibles.

Marshall Sahlins, Islands of History, 1985.

L’Homme qui murmurait à l’oreille de Colbert

Il n’est pas difficile de faire la démonstration que les anti-racistes qui ont interdit « Les Suppliantes » d’Eschyle à la Sorbonne sont encore plus haineux et racistes que ceux qu’ils ont à coeur, semble-t-il, de combattre. Je m’y suis moi-même employé, et je dois dire que le résultat a dépassé toutes mes espérances.

Comme leur motivation s’exprime en ces termes: « La Ligue de Défense Noire Africaine milite pour un « Droit à la liberté d’expression et de création limité par le Devoir de respect de l’Autre ». Pour nous la LDNA, le problème n’est ni Eschyle ni Les Suppliantes mais le metteur en scène qui sous couvert d’antiracisme voulait grimer ses actrices en femmes noires ; puis suite à nos protestations souhaitait leur faire porter des caricatures de masques totémiques qui n’avaient de remarquable que leur laideur », j’ai écrit ce petit message, bien simple et guère remarquable, sur leur mur Facebook: « Le jour où des gens vous empêcheront de monter un spectacle parce qu’ils se sentent outragés par la laideur de votre mise en scène, ce jour-là vous comprendrez votre erreur. L’indignation ne tient pas lieu de pensée. Aucun groupuscule militant ne saurait s’ériger en arbitre du Respect de l’Autre. Laissez les spectateurs penser par eux-mêmes ». Sans doute aurais-je dû ajouter cette citation de Nietzsche : « Nul ne ment plus que l’homme indigné ». Mais qu’importe. La réponse ne s’est pas fait attendre.

« David di Nota on aurai (sic) aimé prendre ton commentaire au sérieux mais comme tu n’es pas noir et que tu ne connais pas l’histoire, ainsi ton commentaire est caduc ». Raisonnement qui se passe de commentaires.

Bien sûr, je me réjouis personnellement du fait que « 8 millions de kamits aient été mis en esclavage » – comment pourrait-il en être autrement ?

(Je me souviens qu’en 1685, jeune militant fraîchement émoulu de mon racisme ordinaire, je soufflais à Colbert son Code Noir. Dieu m’ayant prêté vie depuis lors, me revoilà sur Facebook, toujours aussi content de tourmenter mes frères de couleur)

Détail non négligeable au regard de ma démonstration, j’apprends de ces fins psychologues que je suis non seulement un ardent négrophobe, ou, si l’on préfère, le vengeur masqué des suprémacistes blancs, mais également une « fiotte » (re-sic).

C’est dire si nos militants ont à coeur de faire triompher le Respect de l’Autre.

 

Contre le port de la tolérance intégrale, 1.

Monsieur Ramadan condamne toute violence physique faite aux femmes. Simplement, il réclame le droit de lire le Coran et de consulter Dieu pour savoir s’il faut, ou non, la frapper.

Monsieur Ramadan condamne avec la plus grande vigueur la violence faite aux homosexuels. Simplement, il pense que l’homosexualité est un crime au regard de sa foi. Comme tout homme a le droit de croire, tout homme a le droit de considérer cette pratique comme une monstruosité contre nature.

Pour les besoins d’une enquête personnelle, j’ai dû visionner les débats télévisuels de cet éminent docteur, et je suis toujours étonné que des journalistes ou des hommes politiques français tombent dans le panneau de cette conception prédicatrice de la tolérance.

La conception prédicatrice de la tolérance se présente comme la conception achevée de la tolérance. Lorsque vous vous élevez contre telle ou telle pratique, Monsieur Ramadam s’étonne. Son visage s’arrondit, ses lèvres s’effilent, il vous répond : « Qu’est-ce qui vous gêne ? Vous n’aimez pas les musulmans ? Pourquoi vous ne laissez pas les gens faire ce qu’ils veulent ? ».

Et ainsi en va-t-il de la sexualité féminine. Bien sûr, notre éminent spécialiste du fait religieux (qu’on me permette de ne pas énumérer ses diplômes, une journée n’y suffirait pas) a le plus grand respect pour les femmes. Il ne leur ferait jamais aucun mal et milite internationalement pour la cessation des pratiques barbares les concernant. Simplement, il pense que le problème de la pureté féminine se pose. C’est un peu comme si l’on disait : je ne ferais jamais de mal à un juif. Simplement, j’aimerais savoir si les juifs sont des sous-hommes ou non. Ou bien : j’ai le plus grand respect pour les indiens Tupi-Guarani. Simplement, je me demande s’ils ont une âme.

Et notre vaillant docteur d’étudier le Coran pour trouver la bonne réponse.

Voilà où nous en sommes.

Il est à noter que, dans le monde de la tolérance intégrale vers lequel nous nous dirigeons à grand pas sous la pression de ces vaillants progressistes, les prédicateurs ne détestent rien tant que le dogmatisme. Ils sont d’ailleurs très étonnés toutes les fois qu’un contradicteur (généralement ce qu’on appelle, avec une moue de dédain, un laïcard) s’emporte. Monsieur Ramadan a bien le droit de lire le Coran pour savoir s’il faut lapider une femme quand on est un bon musulman. Mais que quelqu’un coupe la parole à Monsieur Ramadan, ça non. Voilà qui est indigne.

Cette farce amusante à Paris (et très cruelle ailleurs) continuera aussi longtemps que nous accepterons l’idée qu’un homme a reçu de Dieu la capacité de déterminer si un sein doit être caché ou non. La sexualité des femmes n’est pas un problème, et le savoir de Monsieur Ramadan n’est pas un savoir. Quant à cet appel au débat, à la démocratie, à la sérénité, il ne signifie rien dans la bouche d’un homme qui s’octroie, sous prétexte d’études, le pouvoir de départager le pur de l’impur. Il est aussi absurde d’envisager un débat démocratique sur la pureté féminine que d’envisager sereinement un débat sur la nature possiblement diabolique des chats noirs à poil court.

Le Garçon, scène de la vie provinciale

This is Borat.

Borat is no literary fool. Borat takes no pleasure whatsoever in reading that kind of stuff : « As the sun dropped below the horizon, Natacha confirmed the approaching cape buffaloes were herbivores ».

Borat is not really into that Natacha thing. Borat would rather read a sharp novel like « Le Garçon, scènes de la vie provinciale ». ‘Now you’re talking’, says Borat.

Happy Borat won’t miss the opportunity to meet Olivia Resenterra at the Café de la Mairie, Place Saint Sulpice, Paris VI – Thursday 22/09, 20.30 pm.

This is smart.

Be like Borat.

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La France aux Franglais

Having lost his battleships as a Navy officer just off Mers el-Kébir, my dad is absolutely appalled by my anglophilia. France has brought to the world the kick of libertinage and the spice of intellectual terrorism – Laclos and Boulez. The Brits have taught us how to keep our sentimentality at bay, how to position a ginger cat on a windowsill, and, last but not least, how to deal with the sheer absurdity of life with a sense of whimsiness rivalled only by the Jews. Make a choice if you can – I can’t.

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