La véritable histoire de Charlie Hebdo

Charlie Hebdo est un journal anti-musulman fondé à La Mecque en 670. Alors que l’islam se propage au même moment de manière pacifique, Charlie Hebdo affiche déjà une tonalité clairement belliqueuse : s’attaquer à la foi des musulmans eux-mêmes, lesquels n’ont d’autre issue que de riposter. Cette manière d’acculer les musulmans à la violence, bien connue des historiens sous l’appellation de Grande Acculade, correspond aux VII et VIIIème siècles de notre ère (encore que ce point soit contesté par certains historiens occidentaux, historiens dont la probité est évidemment suspecte). L’agressivité des satiristes génère une grande confusion, en conséquence de quoi les musulmans sont poussés les uns contre les autres. Pour dire les choses simplement, non seulement Charlie Hebdo est responsable des premières conquêtes de la péninsule arabique, mais il est responsable de l’éclatement de l’islam en une myriade de factions contraires.
 
Les historiens s’accordent pour désigner cette période violente de Seconde Acculade, laquelle aurait sans doute trouvé une solution heureuse si seulement les partisans du Prophète avaient eu la possibilité de régler leurs histoires en famille. Mais, avec la formation et l’essor économique de l’Occident, l’agression s’étend aux rapports économiques eux-mêmes. En effet, et comme l’a bien vu un philosophe marxiste comme Slovaj Zizek, l’islamisme serait incompréhensible sans le capitalisme. L’esclavage, pratique inconnue auparavant, pousse les jeunes dans la misère ; la liberté des moeurs, basée sur une compréhension insuffisante de la nécessaire soumission des femmes, désoriente les esprits. C’est cette période, qu’accentue malheureusement un certain nombre de caricatures au goût fort contestable, que les historiens compétents qualifient de Troisième Acculade.

Notule sur les islamistes

Publié le 28 septembre 2012 sur « l’affaire des caricatures ». Causeur – David Di Nota

Mots-clés : caricatures, Islamisme

Un homme fait un dessin. Un islamiste tue un homme. Qui croyez-vous que l’on excusera? Mais l’islamiste qui tue un homme, voyons. Il faut dire que notre sensibilité au malheur est devenue si profonde que la blessure intérieure d’un islamiste nous paraît volontiers légitime. Que dis-je, respectable. Quant à l’envie de rire, elle est inexcusable. Elle dénote une absence de gravité qui fait peur.

Qu’a-t-on besoin de rire alors que le chômage est au plus haut et que l’Europe est au plus mal ? Pourquoi ne pas rire des choses sans importance – si l’on y tient absolument ? Assassiner un homme peut se comprendre, mais caricaturer Mahomet ? Que cherche le rieur ? Pourquoi jeter de l’huile sur le feu ? Comment peut-on se comporter d’une manière aussi irresponsable ?

Est-ce que le rieur souffre au moins ? Non, il ne souffre pas. Il ne tuerait pas son voisin, et il ne souffre pas. Voilà deux bonnes raisons d’en finir avec lui.

L’imagination au pouvoir

Abstract : que pensez-vous de la gestion de la crise grecque par l’UE ? (Causeur, Juillet 2011)
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Le Portugal serait sur le point de demander son rattachement au Brésil. Enfin une bonne nouvelle. Non seulement ce plan aurait le mérite de la simplicité (plus besoin de respecter l’avis assommant des 27), mais il passerait très bien auprès de la population locale, et, notamment, auprès des amoureux de la bossa nova (que je sais nombreux à Lisbonne).

Étant donné la gestion qui est faite de la crise grecque, je précise que cette décision n’aurait rien d’irréaliste. Cette colonisation à l’envers sera toujours moins farfelue que les plans de sauvetage de la Grèce suivant les principes de l’orthodoxie libérale. On peut toujours étendre le principe du rattachement au Brésil à l’Espagne, et, de proche en proche, à l’ensemble des pays européens surendettés, cette solution sera toujours plus rationnelle que les propositions de Monsieur Trichet.

Avantage non négligeable de cette annexion, l’ensemble du bloc européen serait contrait de revisiter l’histoire de ses affinités culturelles. L’Europe reprendrait vie à partir de ses langues, les économistes cesseraient d’appliquer la même règle pour tous et les élus seraient forcés de refaire de la politique. Comment pourrions-nous décemment taxer ce projet d’irréaliste ? N’oublions pas que les libéraux d’aujourd’hui sont les gauchistes d’hier. L’imagination au pouvoir, ça doit bien leur rappeler quelque chose.

Catch 22

“You have a morbid aversion to dying. You probably resent the fact that you’re at war and might get your head blown off any second. »

« I more than resent it, sir. I’m absolutely incensed. »

« You have deep-seated survival anxieties. And you don’t like bigots, bullies, snobs, or hypocrites. Subconsciously there are many people you hate. »

« Consciously, sir, consciously, » Yossarian corrected in an effort to help. « I hate them consciously. »

« You’re antagonistic to the idea of being robbed, exploited, degraded, humiliated, or deceived. Misery depresses you. Ignorance depresses you. Persecution depresses you. Violence depresses you. Corruption depresses you. You know, it wouldn’t surprise me if you’re a manic-depressive! »

« Yes, sir. Perhaps I am. »

« Don’t try to deny it. »

« I’m not denying it, sir, » said Yossarian, pleased with the miraculous rapport that finally existed between them. « I agree with all you’ve said.”

JOSEPH HELLER Catch 22, p 173.

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Il n’y pas de rapport sexuel

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Critique du film de Raphael Siboni, « Il n’y a pas de rapport sexuel », Capricci Film.
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Qu’est-ce qu’un bon film sur la sexualité ? Un film qui n’enseigne rien. Un film qui ne délivre pas la formule de la bonne jouissance. Un film qui en sait moins que vous, et qui n’en a pas honte. Un film qui s’en tient au plus absurde, au plus comique, parce que l’étendue de notre non-savoir sexuel restera toujours, soyons clairs, abyssale.

En intitulant leur opus Il n’y a pas de rapport sexuel, on peut dire que nos deux compères – le jeune Raphaël Siboni à la direction, le hardeur HPG à l’exécution – commencent sur de bonnes bases.

Sélectionnant les rushes personnels d’HPG, Siboni a eu l’intelligence suprême de s’en tenir aux scènes les plus stupides. Il se peut que ce film ne reflète qu’imparfaitement le monde du X, mais comme le propos n’est pas là, on ne lui en tiendra pas rigueur. Il ne s’agit pas de filmer la pornographie, mais de filmer l’absence de rapport sexuel dans la pornographie.

Par sa simplicité, par son absence de pause intellectuelle, Siboni a réalisé un authentique chef-d’œuvre. Tout est dans les détails, et ces détails n’ont rien à voir avec le sexe : telle actrice, le visage recouvert de sperme, se prend de compassion pour un acteur dont la fatigue commence à se faire sentir. Tel autre, déçu d’avoir si peu éjaculé, se tourne vers le caméraman, désolé.

Ces scènes sont hilarantes, et elles reflètent la force d’HPG. La force d’HPG est de ne pas vouloir passer pour quelqu’un de bien. C’est une qualité morale extrêmement rare. Tel philosophe vous enseignera comment faire l’amour comme un cochon tout en respectant les femmes, tel libertin trouvera étrange que vous ne soyez pas aussi libre que lui : pour sa part, HPG ne se montre jamais en exemple. Et c’est pourquoi ce petit film touche juste. Non pas que l’acteur se montre tel qu’il est : une telle confession ne l’aurait pas rendu plus humain. C’est bien plutôt sa roublardise, son obsession soiffarde, sa confusion (impossible de savoir ce qu’il veut dès qu’il se lance dans une indication scénique) qui font de cet hardeur malhabile et musclé un frère en absurdité.

Les cocus ont-ils encore un avenir ?

Alors que bien des hommes aimeraient voir leurs femmes entre les bras d’un autre, jamais cette manie érotique n’a connu pareille sinistrose. Le cocu français va mal. Il suffit d’aller sur candaulisme.com pour s’en convaincre. Les maris sont unanimes pour souligner la difficulté de trouver un amant digne de ce nom. Quant à la négociation qui permet d’amener une femme normale à pratiquer ce sport inédit, elle s’avère, au dire de nombreux témoignages, fastidieuse et incertaine. Après la perte de compétitivité de la zone Euro et l’effondrement de la popularité présidentielle, il semble clair que quelque chose ne va pas non plus dans le domaine des perversions sexuelles.

Il est vrai que le candauliste fait tout à l’envers. Non seulement son voeux le plus ardent consiste à présenter sa femme à un amant, mais son propre bonheur conjugal constitue le plus grand obstacle à l’exercice de sa perversion. Qu’une épouse se sente épanouie, et c’est l’ennui qui menace. Qu’elle se sente comblée sexuellement, et c’est l’impasse.

Je veux bien croire que le sort des chrétiens d’Orient soit davantage préoccupant, mais il ne faudrait pas que le candaulisme national disparaisse dans l’indifférence générale, lui non plus. Il ne faudrait pas que, sous prétexte d’une conjoncture économique et religieuse nettement dégradée, les hommes s’avisent d’abandonner leurs perversions sexuelles (duquel dépend étroitement la littérature d’une Nation, et, plus important que tout, son génie comique). Sans exiger du Ministère la tenue des Etats Généraux du Candaulisme, il me semble qu’un simple message d’encouragement, en ces temps anormalement sombres, serait déjà bien.

 

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