Défense d’Alain Finkielkraut

« Il n’y a rien de pire que le conformisme de gauche, surtout lorsqu’il est repris par la droite » (Pasolini)

Quelle est la définition du pervers selon Lacan ? Non pas celui qui s’écarte de la bonne sexualité (mirage de la norme), mais celui qui élève son désir au registre de l’Universel. Le pervers est celui qui dit à Alain Finkielkraut : « Tu aimeras le football féminin comme moi-même ». Le pervers est celui qui, faute de comprendre son désir, ne comprend pas qu’on puisse désirer autrement. C’est pourquoi le pervers reconvertit volontiers toute offense faite à son désir en crime contre la société elle-même. Ce que le pervers aime dans son désir, ce n’est pas son désir, c’est la norme, la norme qu’il pourrait imposer à tous les autres. Le problème du pervers, c’est qu’il ne peut pas jouir autrement. Le pervers veut la Loi. Le pervers est celui qui dit à Alain Finkielkraut: « Si tu n’aimes pas le football féminin comme moi, c’est donc que tu es contre l’égalité homme/femme ». Ne dites pas au pervers qu’on peut tout à la fois ne pas aimer particulièrement le football féminin ET défendre l’égalité politique homme/femme: il ne vous croira pas. Dans sa grande sagesse de petit commissaire politique, le pervers sait mieux que vous ce que vous êtes : un crypto-fasciste insidieux. Inutile de lui rappeler que vous êtes juifs, ou qu’une partie de votre famille a disparu dans les camps. Et après ? Ce n’est pas le problème du pervers. Le problème du pervers, c’est d’aller de l’avant. D’une manière générale, tant que le pervers n’aura pas imposé son désir de manière universelle, il lui semblera que la société est encore trop fascisante par rapport au progrès social que son désir incarne.

Kant avec Sade ? Mais oui.

 

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