Papa news

Cette lettre, jusqu’ici inédite, révèle un visage méconnu de Papa. La mise en page est achevée et le livre paraîtra en septembre.

This letter is unpublished and casts an entirely new light on Papa. The layout is ready. The book is scheduled for publication in September.

« The world is a fine place and worth fighting for. » — Ernest Hemingway

Body language

Scandale sur CNews, où quelqu’un a tenu des propos non racistes. La scène vaut le détour et elle aurait fortement intéressé La Bruyère. Admirons chez Pascal Praud cette moue de caporal vexé qui découvre avec stupeur qu’une femme peut lui tenir tête. Admirons chez ce procureur de province ce petit air en coin qui fait peser sur son interlocutrice l’ombre d’une catastrophe imminente sous le fallacieux prétexte que cette jeune femme est en désaccord avec lui. Des sourcils bien taillés pour la menace bolloréenne, comme si la femme que le destin lui oppose si malignement (« c’est pas bien ce que vous dites ») venait de commettre un crime contre l’ordre fasciste dont il a la garde. L’homme faible aime les potentats pour des raisons compensatoires évidentes – ou traiter les femmes en élèves dissipées du haut de sa misérable compétence. Sait-il seulement que ce petit regard en coin en dit plus long sur lui que toutes ses remarques racistes réunies ? « If you think strong men are dangerous, remarquait Peterson, wait till you see what weak men are capable of. » Mais nous savons, nous le voyons, nous n’avons pas besoin d’attendre.

Si l’administration m’était contée

Moins d’un an après son assassinat, lorsque j’ai écrit un livre pour exposer l’abandon dont Samuel Paty a fait l’objet de la part de ses supérieurs, le ministre de l’Éducation de l’époque m’a accusé publiquement de soutenir une thèse farfelue, de salir son administration, et de vouloir faire de l’argent. « Le calcul de ce genre de personnes est de faire scandale à partir de rien », crut-il bon de préciser sur Europe 1. Et notre homme de conclure : « N’allons pas chercher des choses qui sont fausses simplement pour faire scandale. Ce n’est pas bon pour le débat démocratique ».

J’aimerais pouvoir écrire : c’était une autre époque.

Comme ce n’est pas le cas — comme cette époque est bien la nôtre — ma plus vive admiration va à ces professeurs qui, aussi anonymes que pouvait l’être Samuel Paty et dans une solitude tout aussi abyssale, ne cèdent en rien sur les valeurs essentielles qui nous ont été transmises depuis qu’un philosophe s’est avisé qu’un État libre se devait d’être laïc et que le péché de blasphème, chez les êtres de raison, n’existe pas.

Je partage ici la tribune d’un ami indéfectible, Didier Lemaire – lequel ne lâche rien sur un point capital.

https://www.lefigaro.fr/vox/societe/didier-lemaire-apres-l-abandon-de-samuel-paty-le-temps-est-venu-de-se-pencher-sur-les-responsabilites-politiques-20260519

Et l’excellente tribune de Claudine Tiercelin, si vive et si claire :

https://www.liberation.fr/debats/2020/10/29/samuel-paty-a-paye-de-sa-vie-le-risque-du-savoir_1803892

Errata mon amour

Ajoutons les deux ouvrages commis avec Tariq Ramadan (le Tartuffe de la chasteté religieuse dont une certaine pudeur me retient de rappeler ici les exploits) — ou la vista de Pascal Boniface, le géopolitologue dont personne n’aura oublié le fameux : «La Russie n’a aucune envie de conquérir le Donbass».

Voilà un homme qui savait s’entourer des meilleurs spécialistes.