Les cocus ont-ils encore un avenir ?

Alors que bien des hommes aimeraient voir leurs femmes entre les bras d’un autre, jamais cette manie érotique n’a connu pareille sinistrose. Le cocu français va mal. Il suffit d’aller sur candaulisme.com pour s’en convaincre. Les maris sont unanimes pour souligner la difficulté de trouver un amant digne de ce nom. Quant à la négociation qui permet d’amener une femme normale à pratiquer ce sport inédit, elle s’avère, au dire de nombreux témoignages, fastidieuse et incertaine. Après la perte de compétitivité de la zone Euro et l’effondrement de la popularité présidentielle, il semble clair que quelque chose ne va pas non plus dans le domaine des perversions sexuelles.

Il est vrai que le candauliste fait tout à l’envers. Non seulement son voeux le plus ardent consiste à présenter sa femme à un amant, mais son propre bonheur conjugal constitue le plus grand obstacle à l’exercice de sa perversion. Qu’une épouse se sente épanouie, et c’est l’ennui qui menace. Qu’elle se sente comblée sexuellement, et c’est l’impasse.

Je veux bien croire que le sort des chrétiens d’Orient soit davantage préoccupant, mais il ne faudrait pas que le candaulisme national disparaisse dans l’indifférence générale, lui non plus. Il ne faudrait pas que, sous prétexte d’une conjoncture économique et religieuse nettement dégradée, les hommes s’avisent d’abandonner leurs perversions sexuelles (duquel dépend étroitement la littérature d’une Nation, et, plus important que tout, son génie comique). Sans exiger du Ministère la tenue des Etats Généraux du Candaulisme, il me semble qu’un simple message d’encouragement, en ces temps anormalement sombres, serait déjà bien.

 

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Défense de Patrick Besson

Abstract :

Affublant Eva Joly d’un accent allemand (« Zalut la Vranze ! »), le romancier et chroniqueur au Point Patrick Besson est accusé, notamment par Madame Cécile Duflot, de céder aux sirènes du racisme.

Ce qui est drôle avec les gens qui n’ont pas d’humour, c’est qu’ils n’ont pas peur de le faire savoir. S’ils avaient ri, tout irait bien; mais comme ils n’ont pas ri, ils peuvent réclamer des comptes au rieur au nom des principes les plus arrêtés de la République française.

Le scandale qui fait suite à l’article de Patrick Besson sur Madame Eva Joly dans le Point nous permet d’établir la chose suivante : dans une société victimaire, l’homme qui n’a pas ri fait la loi. Tous les hommes sont égaux, mais ceux qui n’ont pas d’humour sont plus égaux que d’autres.

Puisque Mme Duflot demande des excuses publiques à M Besson sous prétexte que son article ne serait pas drôle, nous demandons des excuses à Mme Duflot pour son absence d’humour. Si la xénophobie anti-allemande (crime supposé dudit Besson) ne nous amuse pas, l’usage que fait Mme Duflot des grands principes nous amuse encore moins. Fédérer un parti sur le dos d’un rieur est indigne. Il ne suffit pas d’être offensé pour parler au nom du peuple français. Il ne suffit pas de se déclarer «choquée » pour avoir les grands principes avec soi.

Un monde où les rieurs seraient tenus de s’excuser publiquement n’est pas le nôtre. Il ne saurait passer pour souhaitable. Nous ne laisserons pas Mme Duflot, cette précieuse ridicule de la morale républicaine, nous faire accroire qu’un progrès politique serait accompli par la mise au pas d’un écrivain français. C’est pourquoi nous demandons sollennellement au rieur, précisément parce que nous nous faisons une haute idée de la France, de ne pas s’excuser.

Quelques grammes de judaïsme dans un monde de brutes

Etre juif vous remplit d’orgueil : il n’y a vraiment que les antisémties pour le croire. Contrairement à ce que présuppose l’antisémite de base, la réaction normale d’un homme qui a été choisi par Dieu n’est pas: “Qu’est-ce que j’ai de la chance d’être juif !”, mais plutôt “Qu’est-ce que j’ai fait au bon Dieu pour être élu ?”. De même qu’il n’est jamais très agréable d’être suivi par un inconnu dans la rue, il n’est jamais très agréable d’être choisi par Dieu pour se comporter moralement, et c’est pourquoi la réaction d’un juif normal consisterait plutôt à prendre ses jambes à son cou (fig 1).

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A la pleine satisfaction narcissique que lui suppose l’antisémite, nous devons opposer la perplexité profonde de l’élu. C’est cette perplexité que, par manque de sensibilité métaphysique, l’antisémite ne comprend pas. Il ne voit pas que cette perplexité s’étend à tout, y compris aux symboles les plus autorisés du judaïsme. Au train où va l’esprit critique, le Dieu des juifs se doutait bien que les juifs allaient se retourner contre Lui. “Etre athée vous tente ? Allez-y Messieurs, ne vous gênez surtout pas pour Moi”, leur a-t-iI dit. Et les juifs ne se sont pas privés de briller dans l’athéisme. Ils ont déconstruit le mécanisme de la croyance et ils sont allés jusqu’à remettre en cause toutes les pseudo-communautés qui en découlent. Pour nous qui ne sommes pas juifs, cette révolte contre Dieu n’a pas été sans conséquence. Si les juifs n’avaient pas été élus, nous en serions encore à croire en l’existence de ces choses-là : l’inconscient sans lapsus, la sexualité sans perversion, la communauté groupale et sans fissures, la société qui fonctionne. Nous savons grâce au judaïsme qu’il n’en est rien. C’est une contribution inestimable.