Paul Conroy (1964-2026)

Paul était une figure incontournable de cette petite faune que l’on rencontre sous les drones à Kramatorsk — perspicace, ironique, hilarant. Comme tous les esprits délicats dissimulés derrière des airs de capitaine impassible, il ne se sentait bien que dans une merde noire — qualité rare chez un écrivain. J’emploie ce mot advisedly, parce que Paul est l’auteur d’un livre, Under the Wire, dans lequel il retrace son périple dans la Syrie en feu de 2012. Comment décrire de l’intérieur le sort fait aux civils ? Comment décrire la brutalité méthodique d’un régime sanguinaire ? Après avoir tué son amie Marie Colvin et le jeune photographe français Rémi Ochlik en bombardant volontairement un centre de presse, le tortionnaire Assad devait trouver refuge à l’étranger — et il est inutile, je crois, de préciser où.

« You have to stand up for what is right »

Repose en paix, Paul. Ton travail n’est pas terminé – mais c’est le seul qui vaille la peine.

La culture et le revolver

On attribue à Hermann Göring la fameuse phrase : « Quand j’entends le mot culture, je sors mon revolver. ». Personnellement je sors le mien quand j’entends dire que Mélenchon est un homme cultivé. Si le calife des antifas était vraiment cultivé, il méditerait ce magnifique passage du marquis de Custine (prononcer Custine et non Custein) au lieu de faire des blagues antisémites que même Soral — pourtant peu regardant en la matière — trouve lamentables :

« On se trompe sur le rôle que la Russie jouerait en Europe. D’après son principe constitutif, il représenterait l’ordre ; mais d’après le caractère des hommes, il propagerait la tyrannie sous prétexte de remédier à l’anarchie ; comme si l’arbitraire remédiait à aucun mal ! L’élément moral manque à cette nation. Avec ses mœurs militaires et ses souvenirs d’invasions, elle en est encore aux guerres de conquête — et les plus brutales de toutes… »

Custine, La Russie en 1839, Editions Classique Garnier, 2015.