Paul était une figure incontournable de cette petite faune que l’on rencontre sous les drones à Kramatorsk — perspicace, ironique, hilarant. Comme tous les esprits délicats dissimulés derrière des airs de capitaine impassible, il ne se sentait bien que dans une merde noire — qualité rare chez un écrivain. J’emploie ce mot advisedly, parce que Paul est l’auteur d’un livre, Under the Wire, dans lequel il retrace son périple dans la Syrie en feu de 2012. Comment décrire de l’intérieur le sort fait aux civils ? Comment décrire la brutalité méthodique d’un régime sanguinaire ? Après avoir tué son amie Marie Colvin et le jeune photographe français Rémi Ochlik en bombardant volontairement un centre de presse, le tortionnaire Assad devait trouver refuge à l’étranger — et il est inutile, je crois, de préciser où.
« You have to stand up for what is right »
Repose en paix, Paul. Ton travail n’est pas terminé – mais c’est le seul qui vaille la peine.

