Moins d’un an après son assassinat, lorsque j’ai écrit un livre pour exposer l’abandon dont Samuel Paty a fait l’objet de la part de ses supérieurs, le ministre de l’Éducation de l’époque m’a accusé publiquement de soutenir une thèse farfelue, de salir son administration, et de vouloir faire de l’argent. « N’allons pas chercher des choses qui sont fausses simplement pour faire scandale », crut-il bon de préciser à l’antenne. Avant d’ajouter : « Ce n’est pas bon pour le débat démocratique ».
J’aimerais pouvoir écrire : c’était une autre époque.
Comme ce n’est pas le cas — comme cette époque est bien la nôtre — ma plus vive admiration d’ancien élève va, non à ces administrateurs très en vue, mais à ces professeurs qui (aussi anonymes que pouvait l’être Samuel Paty et dans une solitude tout aussi abyssale) ne cèdent en rien sur les valeurs essentielles qui nous ont été transmises depuis qu’un philosophe s’est avisé qu’un État libre se devait d’être laïc et que le péché de blasphème, chez les êtres de raison, n’existe pas.
Je partage ici la tribune d’un ami indéfectible, Didier Lemaire – lequel ne lâche rien sur un point capital.
Et l’excellente tribune de Claudine Tiercelin, si vive et si claire :
https://www.liberation.fr/debats/2020/10/29/samuel-paty-a-paye-de-sa-vie-le-risque-du-savoir_1803892
