François Mauriac à la date du 4 janvier 1957 :
« Au seuil de l’an nouveau, les Français ont peine à regarder plus haut et plus loin que la partie jouée en leur nom par ceux qu’ils ont chargés de tenir les cartes. Comment ces virtuoses du mensonge politique ne nous fascineraient-ils pas ? Efforçons-nous pourtant de les oublier un instant.
Que 1956 ait été malgré eux, et au sens profond, une « année de grâce », je le crois. Nous nous sommes repris à espérer — non pas, à mon sens, parce que des fissures ont apparu dans l’appareil défensif de la Russie (…), ni à cause du désarroi suscité chez les militants par les événements de Hongrie. Non, le réveil de notre espérance en 1956 aura tenu à cette démonstration qui a été faite avec éclat à Poznań et à Budapest : l’homme a résisté au système. Ce fait nouveau bouleverse tout. Et que je l’observe en chrétien, c’est-à-dire en homme partial, ne l’empêche pas d’être et de s’imposer aux matérialistes comme à moi-même. »
Bloc-notes, 1952-1957, Point Seuil, p. 423.
Il fut un temps où les chrétiens prenaient le parti de la résistance contre les tyrans — une tradition française dont les bigots et les poutinolâtres sponsorisés par Monsieur Bolloré semblent avoir perdu jusqu’au souvenir.
