Si l’an 40 m’était conté

Roosevelt contesta au général de Gaulle le droit de représenter légitimement la France au motif que son gouvernement ne procédait d’aucun vote populaire. C’est dire si les gaullistes de pacotille qui accusent Zelensky d’une pareille forfaiture ont la mémoire courte. En relisant par curiosité les éditos de l’époque, je suis tombé sur cette phrase intéressante : «Le gouvernement du général de Gaulle ne serait illégal que si les conditions de la légalité étaient réunies. Mais le vote populaire n’est pas possible pour les millions des nôtres qui rêvent encore à la patrie perdue dans les camps d’internement.» Gageons qu’il en ira tout autrement avec nos démocrates, gageons que ces grands défenseurs de la légalité auront à cœur de réclamer le retour des civils ukrainiens afin d’organiser un vote dans des conditions optimales. Non ? Vous voulez dire que Jean-Luc Mélenchon ne signera pas de pétition afin d’exiger le retour immédiat des déportés ? Vous voulez dire que Thierry Mariani n’ira pas se plaindre auprès de Poutine des civils détenus illégalement dans les prisons du Donbass ? Vous voulez dire que ces politiciens sont des faux-culs et qu’ils se fichent de la démocratie ukrainienne comme de l’an 40 ? Ah tiens, j’avais cru.

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