Personne ne va rire

N’écoutant que son courage qui ne lui demandait rien, Caroline de Haas vient à nouveau de s’illustrer dans la guéguerre anti-Finkielkraut qui fait fureur chez les anti-fascistes d’opérette. On sait que ce  dernier a choisi de rejeter les accusations dont il fait l’objet en poussant le raisonnement jusqu’à l’absurde : “Je dis aux hommes : violez les femmes. D’ailleurs je viole la mienne tous les soirs et elle en a marre”. Stupeur dans la cervelle bien faite de Caroline de Haas, qui ne connaît pas le sens du mot antiphrase.

Ou bien cet homme fait effectivement l’apologie du viol, ce qui serait évidemment idéal pour notre accusatrice (mais présente le léger désavantage d’être complètement faux), ou bien la formule est ironique, et l’ironie n’a pas lieu d’être, puisque la souffrance ne saurait faire l’objet d’une plaisanterie. J’attends le moment où Caroline de Haas nous proposera d’interdire les plaisanteries sur la mort parce que mourir, vous comprenez, c’est assez douloureux comme ça. Un jour viendra où notre vaillante militante nous proposera de censurer A Modest Proposal de Jonathan Swift, parce que manger des enfants, quand même, ça ne se fait pas – même en plaisantant.

Inutile de se cacher derrière la souffrance des autres pour ne pas voir ce dont il est question ici : non le viol, non la complaisance face au viol, mais la déplorable confusion du philistinisme et du féminisme que bien des féministes ont choisi de combattre contre les précieuses ridicules du moment. C’est un hommage que, pour ma part, je tenais à leur rendre.

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