Dimanche de Pâques

Nietzsche contre le Crucifié, Marx contre l’opium du peuple – toutes ces formules sont bien connues. Le Jésus de Hegel, lui, est contre le Messie, une opposition étonnante. Voici comment Jésus s’adresse à ses disciples ce petit opuscule (« Vie de Jésus », 1795) malheureusement négligé :

« Cette attente d’un Messie va encore précipiter mes compatriotes dans de graves dangers et, jointe à leurs autres préjugés et à leur entêtement aveugle, va creuser leur chute complète. Cet espoir chimérique fera d’eux un jeu pour des manipulateurs rusés ou des illuminés sans cervelle »

[Inutile de citer des noms, chacun les aura reconnus]

« Souvent, on dira que le Messie attendu se trouve ici ou là. De telles usurpations et rumeurs seront l’occasion de révoltes politiques et de divisions de la foi ; on prendra parti, et, dans cet espoir partisan, on se haïra et on se trahira les uns les autres. Ne vous intéressez à aucun de ces partis politiques et religieux ».

Et même :

« Ne laissez pas s’insinuer un apaisement hypocrite qui reposerait sur un attachement à des formules religieuses ».

Et surtout :

 » On ne doit pas solliciter la grâce de Dieu par des sacrifices ».

Et finalement :

« Ces gens-là se trompent s’ils me croient nourri de l’ambition de m’élever pour être le Messie qu’ils attendent, s’ils pensent que je suis désireux de les avoir à mon service ou flatté de les voir s’ajouter au nombre de ceux qui sont à ma suite. Ces gens-là se trompent s’ils pensent que je recherche le pouvoir et la gloire. Le but de ma vie n’a jamais été de commander aux autres »

Puisse ce Jésus-là ressusciter d’entre les morts !

Amen.

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