Il n’y pas de rapport sexuel

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Critique du film de Raphael Siboni, « Il n’y a pas de rapport sexuel », Capricci Film.
***

Qu’est-ce qu’un bon film sur la sexualité ? Un film qui n’enseigne rien. Un film qui ne délivre pas la formule de la bonne jouissance. Un film qui en sait moins que vous, et qui n’en a pas honte. Un film qui s’en tient au plus absurde, au plus comique, parce que l’étendue de notre non-savoir sexuel restera toujours, soyons clairs, abyssale.

En intitulant leur opus Il n’y a pas de rapport sexuel, on peut dire que nos deux compères – le jeune Raphaël Siboni à la direction, le hardeur HPG à l’exécution – commencent sur de bonnes bases.

Sélectionnant les rushes personnels d’HPG, Siboni a eu l’intelligence suprême de s’en tenir aux scènes les plus stupides. Il se peut que ce film ne reflète qu’imparfaitement le monde du X, mais comme le propos n’est pas là, on ne lui en tiendra pas rigueur. Il ne s’agit pas de filmer la pornographie, mais de filmer l’absence de rapport sexuel dans la pornographie.

Par sa simplicité, par son absence de pause intellectuelle, Siboni a réalisé un authentique chef-d’œuvre. Tout est dans les détails, et ces détails n’ont rien à voir avec le sexe : telle actrice, le visage recouvert de sperme, se prend de compassion pour un acteur dont la fatigue commence à se faire sentir. Tel autre, déçu d’avoir si peu éjaculé, se tourne vers le caméraman, désolé.

Ces scènes sont hilarantes, et elles reflètent la force d’HPG. La force d’HPG est de ne pas vouloir passer pour quelqu’un de bien. C’est une qualité morale extrêmement rare. Tel philosophe vous enseignera comment faire l’amour comme un cochon tout en respectant les femmes, tel libertin trouvera étrange que vous ne soyez pas aussi libre que lui : pour sa part, HPG ne se montre jamais en exemple. Et c’est pourquoi ce petit film touche juste. Non pas que l’acteur se montre tel qu’il est : une telle confession ne l’aurait pas rendu plus humain. C’est bien plutôt sa roublardise, son obsession soiffarde, sa confusion (impossible de savoir ce qu’il veut dès qu’il se lance dans une indication scénique) qui font de cet hardeur malhabile et musclé un frère en absurdité.

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